Clean meat

En août 2013, le néerlandais Mark Post, également surnommé « FrankenBurger », présentait le premier burger in vitro, entièrement réalisé en laboratoire. Créé à partir d’une cellule-souche de bœuf, ce mini-steak au prix de revient estimé à 250 000 euros. Appelé « clean meat » – « viande propre » – parce qu’elle ne génère ni pollution liée à l’élevage, ni souffrance animale, le projet présenté par l’entreprise Mosa Meat a immédiatement attiré l’attention, et les capitaux, de Sergey Brin co-fondateur de Google. Il espère pouvoir commercialiser ses burgers d’ici 2021 au prix de 11$ l’unité. Face aux blocages psychologiques liés à la consommation de viandes artificielles au pays du barbecue et du T-Bone steak, l’administration américaine vient d’apporter à la « clean meat » un soutien de poids en proposant, le 16 novembre 2018, un cadre réglementaire ouvrant la voie à la commercialisation des viandes artificielles.

L’entreprise américaine Just qui distribue déjà une mayonnaise sans œuf, vient de faire part de son intention de commercialiser un produit à base de cellules de viande d’ici la fin 2018. Aujourd’hui ce sont des centaines de start–up en Amérique du Nord et dans le monde qui investissent le créneau de la « clean meat » avec le soutien des GAFA auprès desquels elles ont déjà levé près de 1,2 milliard d’euros.

Autre acteur important de la viande propre, « Beyond Meat » crée des substituts de poulet fabriqué à partir de protéines végétales. Financé par Obvious Corporation, le fonds d’investissement de Evan Williams co-fondateur de Twitter, « Beyond Meat » distribue déjà ses substituts de poulet dans des grandes chaînes bio des Etats-Unis.

Soutenue par les organisations internationales qui pointent du doigt les problèmes de pollution extrême liés à l’élevage intensif, par les quatre grandes religions, les écologistes et les vegan qui se condamnent les souffrances animales sans oublier les antispécistes, la clean meat est promise à un avenir brillant.

Écrit par Gérald Cohen | le 05/09/2019

Extrait de mon nouveau livre DIX MILLIARDS – La déferlante durable